Le « Phénomène Tanguy », pas si répandu en France

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« Y’avait une époque, j’avais qu’une crainte, c’était qu’il parte, et maintenant c’est qu’il reste… pour toujours ! ».[1] Le « phénomène Tanguy » dûment nommé après la sortie du film Tanguy au début des années 2000, désigne des jeunes célibataires, plutôt trentenaires, vivant toujours sous le toit familial. En une décennie, c’est devenu la peur n°1 de beaucoup de parents. Serait-ce à juste titre ? Nous avons posé la question aux Français : « Vous n’habitez plus chez vos parents : à quel âge êtes-vous parti ? », 42 % des personnes interrogées ont répondu « entre 20 et 25 ans » et 37 % « dès la majorité ». Seuls 10 % des répondants auraient quitté le domicile familial « entre 25 et 30 ans » et 11 % « après 30 ans ».[2]

 

Les résultats de ce sondage vont clairement à l’encontre des croyances relatives à ce phénomène. En effet, selon plusieurs études, le nombre de jeunes vivants toujours chez leurs parents augmenterait sans cesse. En France, près de 4,5 millions de jeunes majeurs seraient concernés, dont 1,3 million de plus de 25 ans.[3]
Toutefois, la France compte environ 10 millions de jeunes de moins de 30 ans.[4] Ainsi, seule 1 personne sur 10 âgée de 25 à 30 ans est finalement concernée par cette « Tanguy Mania ».

En outre, la grande majorité des jeunes – 79 % selon notre sondage – quitte le domicile familial avant de fêter ses 25 ans. Le quart de siècle représente finalement une sorte de « limite » à ne pas dépasser.

Thierry Langlois, Directeur Immobilier de Vivastreet, explique cette fracture : « Dans notre société occidentale, avoir 25 ans représente une sorte de symbole, de rite de passage à la vie adulte. Cela coïncide souvent avec la fin des études et l’entrée dans la vie active, avec un premier emploi et donc des revenus. S’il est considéré comme tout à fait banal de vivre avec ses parents avant 25 ans et lorsque l’on est étudiant, cela devient de plus en plus gênant, et même « tabou » après le quart de siècle. C’est pourquoi peu de personnes y sont finalement sujettes et abandonnent généralement du foyer familial avant cet âge. »

Malgré la crise économique, qui peut rendre difficile le paiement d’un loyer, les nouveaux modes d’habitation ont bouleversé les habitudes en quelques années seulement. Tout comme le covoiturage juste avant, la colocation est de plus en plus prisée par les jeunes. Elle représente une solution alternative dans l’espoir de voler de ses propres ailes. En effet, une colocation à Paris coûte en moyenne 560 €, contre environ 968 € pour une location de 25 m2.[5] Le choix peut donc être vite fait.

[1]Citation du film Tanguy, 2001
[2]1 566 personnes ont répondu à ce sondage mené du 5 au 10 janvier sur Vivastreet.com
[3]Selon une étude réalisée par la Fondation Abbé Pierre en 2015
[4]Au 1er janvier 2016 selon l’Insee
[5]Selon le baromètre de la colocation réalisé par Appartager.com et selon Lacoteimmo.com